Report | Printemps de Bourges 2018 : jeunes talents franciliens, rap et programmation féminine

bourges 2018

Du 24 au 29 avril, c’est une brise printanière qui a soufflé sur la ville de Bourges et ses quelques 66 000 habitants. Attirant plus de 250 000 festivaliers, le Printemps de Bourges s’est déroulé cette année autour de la thématique « Femmes ! », rythmant ses journées par des conférences et des expositions sur ce sujet.

Et que Bourges bouge…

Depuis 1977, le Printemps de Bourges rempli les rues de cette ville du centre de la France avec des concerts, des animations et des expositions. Entre espaces accessibles par billets et scènes gratuites, le festival transforme pour plusieurs jours la vie de la cité chétienne.

Bourges 2018

Les festivaliers devant le concert de Lala &ce. Credit : Nadim Pothier.

Si la préparation de cet événement, qui ouvre le bal des festivals musicaux, amène tout au long de l’année des habitants temporaires au sein de la ville, c’est évidemment sur le temps propre du festival que la transformation de cette dernière est la plus flagrante. Avec ses scènes dispersées dans différents quartiers, le Printemps de Bourges permet aux festivaliers de découvrir la ville, ses maisons à colombage, ses monuments et sa célèbre cathédrale classée au patrimoine de l’UNESCO. A vrai dire, le festival, en dehors du public qu’il attire à Bourges, ne semble pas davantage transformer la vie de ses habitants, seulement 300 emplois ayant été relayés par le Pôle Emploi local.

Des bourgeons de talents

Si les têtes d’affiche du festival de Bourges sont des artistes qu’on ne présente plus, ce dernier offre aussi une place à des talents émergents. Outre les scènes ouvertes du Printemps, les iNOUïS, un tremplin musical organisé depuis trois décennies par Réseau Printemps, rythment aussi le festival. L’occasion de faire découvrir au public de jeunes artistes venus d’ici et d’ailleurs. Cette année, côté Ile de France, L’Ordre du Périph faisait partie de la sélection hip-hop au côté des clermontois d’Apollo & Scryss, tandis que Gothking assurait les sons pop/rock, Oré et Aloïse Sauvage la programmation chanson, et Apollo Noir l’électro.

Bourges 2018

L’Or du commun en concert au Printemps de Bourges. Credit : Nadim Pothier.

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Lala &ce en concert au Printemps de Bourges. Credit : Nadim Pothier.

Des flows et du Printemps

La programmation du Printemps de Bourges 2018 a laissé une large part au rap, reflétant ainsi la tendance générale des festivals de cette année. La première session des Inouïs a ainsi laissé résonner des sons hip-hop entre les murs de Bourges, avec notamment Apollo & Scryss, L’Ordre du Périph, Angle Mort & Clignotant, Wilko & Ndy, Tracy de Sa et Lord Esperanza. En dehors de cette scène particulière, ce sont aussi des figures de proue du rap français et belge qui se sont succédées dans les grandes salles du festival : le mercredi, Lala &ce, L’Or du Commun, Hamza, Ash Kidd et Lomepal ont fait trembler les murs de la Halle au Blé ; le jeudi, sous le l’immense chapiteau du Printemps, le W, ce fut le tour de Biffty & DJ Weedim, Caballero & JeanJass, Damso et Orelsan. Côté scène Spinnup Stage, Maxenss & VSO Music aux côtés de GLGV ont mis le feu sur la place Cujas le samedi 28 avril.

« Femmes ! »

Cette année, le Printemps de Bourges s’est intéressé aux combats qui ont instillé, au fil des décennies, des changements de perspectives sur les femmes. Alors qu’une exposition, ouverte tous les jours, retraçait l’Histoire des disques marquants de femmes d’aujourd’hui et d’hier, de multiples interventions et projections se sont emboîtées le pas, inscrivant au coeur du festival un espace ouvert de discussion et de débat.

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Durant toute la durée du Printemps de Bourges, l’exposition « Femmes ! » retraçait l’Histoire des disques marquants de femmes artistes d’aujourd’hui et d’hier. Credit : Nadim Pothier.

Côté affiche, ce geste a été souligné par la programmation exclusivement féminine qui a ouvert le bal mardi 24, avec Naya, Juliette Armanet, Catherine Ringer et Véronique Sanson. Parmi les 150 artistes invités, la parité était de mise. On regrettera cependant que les plus grosses têtes d’affiche aient été pour la plupart masculines. Rendez-vous l’an prochain pour voir si le pari féminin est tenu ! 


Texte écrit par Marie Piedeloup

Photo de couverture : Fiona Forte

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