Hong-Kong | La cité jaune

Hong Kong

Collection d’impressions d’un voyage dans une ville un peu particulière. Une ville dont on m’avait dit : « Tu vas kiffer Hong Kong. Obligé. C’est la cité partout ».

Voilà avec quoi je partais. Et une valise pleine de rien « parce qu’il va faire trop lourd ». Sur ça au moins, mes potes avaient raison.

Il est 04h07 quand l’avion atterrit. Il fait tellement chaud. C’est comme si, constamment, t’avais un nuage d’orage prêt à craquer au dessus de ta tête. Comme dans les dessins animés quand les perso sont tristes.

Et c’est ce que j’ai ressenti là-bas ; une tristesse un peu pesante. Des regards vagues plus que déterminés, des allures vives, des sourires plats et des têtes baissées.

CITY TOURS

Les tours servent à parquer les gens. L’urbanisme à Hong Kong c’est juste un outil pour optimiser l’espace, pour faire en sorte que tout le monde trouve refuge. C’est là-bas que j’ai compris pourquoi c’est dans des tours qu’on habite en ville. Y’a pas de place pour faire autrement.

Toute la ville est construite autour de grands ensembles. Mais c’est pas du tout comme en Ile-de-France ; à Hong Kong les barres sont toutes (re)dressées. Ça peut monter tellement haut. Y’a certaines tours que tu peux même pas prendre en photo en entier. Ou alors tu fais un panorama à la vertical (mais c’est une drôle d’idée).

MI-SÈRE MI RICHESSE

Le contraste richesse/pauvreté est trop grand. Pour moi c’était ça le plus glaçant. Quand tu trouves assez de courage pour déambuler dans les rues sous 40 degrés, c’est la seule chose qui te refroidit vraiment. Tu passes de la Défense Hongkongaise sur la côte aux taudis du centre-ville en deux secondes. Des villas paradisiaques sur Stanley aux bidonsards qui y logent juste au-dessus parce que de toute façon y’a plus de place sur terre.

C’est pas hyper simple d’être basculée d’un milieu social à un autre sans transition. Et sans indication. À l’image triste que cet article renvoie d’Hong Kong, je souligne que de mon séjour on ne m’a presque pas adressé la parole. C’est d’autant plus difficile d’avoir une vision plus douce de la ville, plus apaisée. Les gens se croisent sans se parler. Y’a un brouahah constant pourtant j’ai l’impression de ne jamais avoir été aussi silencieuse. Bouche bée-fermée.

Hong Kong

Les beaux quartiers

Hong Kong

EXPA’ TRIÉS

La population est hyper stratifiée. Comme le parquet sauf que ça ne brille pas. On pourrait croire au melting-pot qu’on nous vend sur les sites d’organisation de voyages mais les communautés sont tellement recroquevillées sur elles-mêmes qu’elles m’en ont donné mal au ventre.

La vérité c’est que j’en veux beaucoup à mes compatriotes Français d’y vivre la vida loca sans prendre la peine de rajouter un l à loca. « Si si on vit local, on mange des Dim Sum ». Je vous jure que je l’ai entendu. Comme ça. Brut. Je prie pour n’être tombée que sur les pires des Français. (Parce que je me doute qu’au fond Hong Kong c’est bien plus que ça. En France aussi les gens font la gueule. Mais y’a un truc humain que je ressens plus que là-bas. C’est promis, je reviendrai pour changer d’avis).

 Alors oui, c’est urbain Hong Kong, y’a même des city-stades (vides). Mais c’est la cité sans la vibe. Et bon du coup c’est pas la cité.


Photos : Shanice Mendy

C’était il y a 6 ans -> Schizo Hong-Kong